[FOCUS ENTREPRENEUR] Monekko : reprendre la main sur l’assurance de son crédit immobilier
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Edouard Horbette, je termine actuellement le Master Entrepreneuriat de l’IÉSEG (promo 2025). En parallèle, j’ai cofondé Monekko avec mon frère Thibaut. Lui apporte dix ans d’expertise dans l’assurance, moi la partie tech, intelligence artificielle, produit et marque. Nous sommes partis d’un constat simple : il existe un droit que presque personne n’utilise, et un secteur qui n’a aucun intérêt à ce que ça change. Notre rôle, c’est de combler ce vide.
Tu vas bientôt être diplômé du Master Entrepreneuriat de l’IÉSEG, comment ce parcours t’a aidé ?
Beaucoup, et de façon très concrète. Le Master m’a appris à transformer une intuition en modèle viable : cadrer un problème, challenger ses propres hypothèses, parler le langage business autant que la technique. J’utilise au quotidien des notions vues en cours, du positionnement marketing à la structuration financière.
Mais le plus précieux, c’est sans doute l’état d’esprit. L’École pousse à se confronter au réel, à tester, à ne pas attendre que l’idée soit parfaite. Et l’écosystème compte énormément : les rencontres, les profils complémentaires, le réseau des diplômés. Quand on lance un projet, on se rend vite compte qu’on ne part jamais vraiment seul.
Quel est le concept de Monekko ?
Monekko est un courtier en assurance emprunteur 100 % digital, certifié ORIAS. On aide les particuliers à changer l’assurance de leur prêt immobilier pour payer moins cher, tout en gardant une couverture au moins équivalente. C’est un poste que la plupart des gens signent en même temps que leur crédit, puis oublient pendant vingt ans. Or il peut représenter jusqu’à un tiers du coût total d’un crédit, et c’est souvent le seul levier d’économie qu’il reste une fois le prêt en place.
Notre logique tient en une phrase : le Front, c’est nous, le Back, c’est l’assureur. Concrètement, on compare les offres de plusieurs assureurs partenaires et on s’occupe de toute la paperasse du changement. Tout se passe en ligne, sans rendez-vous téléphonique, et nous ne collectons aucune donnée médicale. Notre mascotte Ekko, un singe malin, incarne cette promesse : un copain qui a lu les contrats à votre place et qui vous explique sans jargon. En moyenne, les économies se situent entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée du prêt, et peuvent dépasser 40 000 euros sur les meilleurs profils.

Comment t’est venue l’idée ?
Tout est parti de mon frère Thibaut. Il a passé dix ans dans l’assurance : courtage, conseil, expertise. Le métier, il le connaît de l’intérieur. Pendant ces années, il a vu la même mécanique se rejouer chaque jour : des emprunteurs qui signent l’assurance de leur banque au moment du crédit immobilier, sans jamais savoir qu’ils peuvent en changer. Sur ce seul produit, près de 5 milliards d’euros de marge brute restent côté banques chaque année, sans jamais profiter aux clients.
Puis la Loi Lemoine est arrivée en 2022 et a ouvert un droit qui n’existait pas vraiment avant : résilier son assurance emprunteur à tout moment, sans frais, à garanties équivalentes. Mais un droit, ce n’est pas qu’un texte. C’est un levier. Encore faut-il que quelqu’un le mette à la portée des gens, simplement, sans paperasse et sans appel.
De mon côté, j’étais consultant en IA générative, et je voyais au quotidien à quel point cette technologie pouvait industrialiser ce qui freine des secteurs entiers depuis toujours : la friction, la paperasse, le temps perdu. L’expertise métier de dix ans de Thibaut, la stack tech pour scaler de mon côté, et un levier juridique encore inexploité. C’est devenu une évidence : nous nous sommes lancés, entre frères, et j’ai créé Ekko, le petit singe malin qui incarne notre approche, direct, complice et toujours dans le camp de l’emprunteur.
Où en es-tu aujourd’hui ?
Monekko est en phase de lancement opérationnel. La technologie produit est en place, les partenariats assureurs sont structurés, mon frère Thibaut est courtier Certifié ORIAS, et nous accompagnons déjà des particuliers sur leur substitution d’assurance avec des économies très concrètes à la clé. Le défi du moment, c’est de gagner en visibilité, parce que la première bataille est culturelle. Aujourd’hui en France, seulement 27 % des emprunteurs connaissent la Loi Lemoine, et à peine 17 % ont déjà changé d’assurance. Tant que les gens ignorent qu’ils ont le droit de bouger, ils ne bougent pas.
Quels sont les objectifs dans les prochaines années ?
Trois priorités. D’abord, faire connaître la Loi Lemoine au plus grand nombre. Ensuite, continuer d’automatiser le parcours pour que vérifier son assurance de prêt devienne aussi simple que possible, en quelques minutes. Enfin, faire grandir notre base de clients et structurer l’entreprise pour accompagner cette croissance.
Notre cap, au fond, c’est qu’à terme plus personne ne paie son assurance de crédit immobilier sans avoir au moins vérifié qu’il ne pouvait pas faire mieux. Un peu comme l’assurance auto il y a vingt ans : un sujet qu’on ne pensait pas pouvoir renégocier, et qui est devenu une évidence.
Toutes autres informations pertinentes que tu aimerais partager ?
Un mot pour les étudiants de l’IÉSEG qui hésitent à se lancer : partez d’un problème réel, idéalement un que vous avez vécu ou observé de très près. Une bonne idée ne vaut rien sans exécution et sans équipe. Entourez-vous de compétences complémentaires aux vôtres, c’est ce qui fait la différence. Et utilisez tout ce que l’École met à disposition, l’incubateur, les intervenants, le réseau des diplômés. On sous-estime souvent à quel point ces ressources sont précieuses au démarrage.
Et si vous voulez tester Monekko, ou simplement comprendre comment fonctionne l’assurance emprunteur, le simulateur est ouvert à tous sur le site internet.
Contact
LinkedIn entreprise : Monekko
Instagram : @monekko.fr
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